UNE PROTHÈSE OUI …. MAIS LAQUELLE ?

COMMENT BIEN CHOISIR UNE PROTHÈSE DENTAIRE ?

Les évolutions constantes de la recherche nous permettent de bénéficier de matériaux de plus en plus performants, esthétiques et biocompatibles, créant au fil des ans une offre produits croissante qui peut s’avérer pléthorique voire déroutante.
La prothèse dentaire n’échappe pas à ce phénomène que l’avènement du numérique tant au laboratoire qu’au cabinet a contribué à amplifier.
Pour couronner le tout, ces nouveaux matériaux se sont invités dans la nomenclature CCAM, et le choix d’un matériau de reconstitution prothétique doit maintenant répondre aux impératifs : mécaniques, biologiques, esthétiques, d’adhésion, économique, administratifs et de localisation …

 

I - LA COURONNE METALLIQUE

Cette reconstitution prothétique répond aux impératifs biomécaniques dès lors que l’on opte pour un matériau d’une dureté « comparable » à celle de la dent. Prothèse de référence dans le RAC 0 sur molaires, elle ne répond pas aux impératifs esthétiques de nos patients.

 

II - LA COURONNE CERAMO-METALLIQUE

Elle associe une armature métallique et un cosmétique céramique qui lui confère son esthétisme. Aujourd’hui, l’usinage ou le frittage remplacent la fonderie de précision à cire perdue. La céramique peut désormais être stratifiée ou pressée en fonction des critères de résistance mécanique recherchés.

 

III- LA COURONNE CERAMO-CERAMIQUE DANS TOUS SES ETATS ...

Les céramiques traditionnelles ou feldspathiques présentent une forte translucidité, mais une relativement faible résistance mécanique. Comme pour les composites l’adjonction de charges cristallines permet d’augmenter leurs propriétés mécaniques, mais souvent au détriment de la translucidité et donc de l’esthétique.
Avec le développement des techniques de CFAO, une nouvelle ère de matériau à vue le jour, permettant aux fabricants de s’orienter vers des matériaux préfabriqués présentés sous forme de blocs ou de galettes usinables.
Ces nouveaux matériaux cherchent à allier résistance à la compression, à l’abrasion, biocompatibilité, durée de vie, esthétique et à répondre aux impératifs de scellement ou de collage. Les ingénieurs doivent donc résoudre l’impossible équation, propriétés optiques contre résistance mécanique.
En effet, plus la phase vitreuse est importante, plus la céramique a des propriétés optiques satisfaisantes mais moins elle s’avère résistante et à l’inverse plus la phase cristalline est importante plus la céramique est résistante mais moins elle est esthétique.
Les fabricants ont donc développé différentes combinaisons en intégrants divers cristaux dans la phase vitreuse.

 

Ces nouvelles céramiques peuvent être soit usinées à partir de bloc ou de galettes, ou encore pressées à partir de cylindres chauffés et injectés sous pression en utilisant la technique de fonderie de précision à cire perdue. Ces matériaux répondent donc à des impératifs différents et nous obligent à envisager chaque prothèse sous un angle nouveau.

 

IV - LA ZIRCONE

 

La zircone est un minéral synthétique obtenu à partir du sable de Zircon par réduction carbothermique ou réaction chimique. Ce matériau biocompatible très dur, qui présente une résistance à la corrosion et à l’abrasion très élevé ainsi qu’un point de fusion à plus de 2700 °C est un matériau de choix dans de nombreuses industries telles que la fonderie, les céramiques, le diamant industriel et l’industrie automobile ou l’on en retrouve dans les plaquettes de frein et les pots catalytiques.
La zircone se compose exclusivement de cristaux d’oxyde d’alumine et de zircone et ne contient pas de phase vitreuse d’où son nom de céramique poly-cristalline et son opacité. Pur fruit de la chaine numérique, la couronne full zircone est une fabrication monolithique usinée.
Son usinage se fait dans un bloc de Zircone monoteinte pour les basiques destinés aux dents postérieures ou dégradé pour plus d’esthétique. Elle permet la fabrication de prothèse unitaires ou plurales de faible étendue sans métal.
Ces couronnes à faible coût ont une résistance mécanique bien supérieure à la dent naturelle et donc devront être évitées dans le cas de problèmes articulaires, occlusaux et en cas de bruxisme.
Un des impératifs communs à tous ces matériaux est la nécessité de pouvoir se lier de façon durable, hermétique, esthétique et biocompatible aux substrats dentaires.
Les éléments prothétiques réalisés en céramiques vitreuses seront donc collés avec une colle ou un composite chauffé. Les couronnes zircone pour leur part ne possédant pas de phase vitreuse les colles traditionnelles ne donneront pas les effets escomptés, les colles possédant des groupements MDP s’avèreront plus efficaces.
La rétention mécanique des préparations pour couronnes permet également leur scellement au CIVM avec de bons résultats rétentifs.